Aidez-nous Aidez-nous
Suivez-nous Facebook
Quand les citoyens pensent, le parlement commence à penser. Malheureusement, les citoyens ne pensent sans doute pas encore assez.

Gorbatchev

Rapport d'activités - Octobre 2014

Posté le 22/10/2014.

Un projet en pleine évolution

Notre équipe à Cap Est

Après cinq années d’activité, le projet Graine de Vie a évolué; notre première démarche était d’encourager les habitants des pays industrialisés à diminuer leur impact trop important sur la nature en plantant des arbres dans les pays en voie de développement.

Cela reste toujours notre principe de base, mais avec deux nuances:

1)- MADAGASCAR

Après deux missions d’évaluation environnementales à l’invitation des autorités du Sénégal et des Comores, nous avons décidé de concentrer toute notre attention et tous nos moyens sur Madagascar.

Nous y connaissons les mentalités, les problèmes, les autorités, nous y avons formé des responsables compétents et enthousiastes, nous avons mis au point un système de récolte de graines autochtones que nous répartissons dans nos 48 sites, nous nous y sommes pour ainsi dire parfaitement adaptés.

Rien ne dit que nous nous limiterons toujours à ce pays, mais il y a tant à faire pour le reboisement de notre planète que commencer par le pays le plus déforesté au monde (Madagascar) trouve tout son sens.

En 2009, lorsque je suis parti à Madagascar pour entamer un premier projet de plantation de 100.000 arbres, je pensais sincèrement me retrouver au milieu de centaines d’ONG actives dans le reboisement. Graine de Vie devait se singulariser par son engagement bénévole en garantissant que 100% des fonds qui nous sont confiés sont exclusivement destinés à nos projets de reboisement.

Pouvez-vous imaginer que notre petite ONG, après cinq années, est quasi seule sur le terrain pour aider toute une population à planter des arbres sur un territoire de la taille de la France et du Benelux.

Nous ne pouvons pas trouver de la fierté dans le fait que nous soyons devenus en si peu de temps un acteur majeur du reboisement malgache, mais au contraire une inquiétude infinie dans le peu d’intérêt que porte l’humanité sur la protection et la restauration des forêts.

Pardonnez-moi de vous rappeler que durant ces soixante dernières années, l’être humain a détruit plus de la moitié des forêts primaires de la Terre et que ce processus est en progression constante... À ce rythme, les forêts primaires auront disparu de la surface de notre planète avant la fin de ce siècle.

Durant cette même période, Madagascar, le pays au monde qui compte le plus grands taux d’espèces et de plantes endémiques, a vu sa forêt disparaître de plus de 85 pour cent, sans aucune intervention des autorités, et ces dernières années d’instabilité politique malgache n’ont fait qu’aggraver cette situation.

2)- SENSIBILISATION SUR LE TERRAIN

Nous ne pouvions plus décemment continuer à planter des centaines de milliers d’arbres à Madagascar à côté de forêts qui brûlent.

Nous avons dû, dès lors, ajouter à notre ambition initiale un troisième volet, après la sensibilisation à la trop grande empreinte écologique de nos populations et la compensation de cette empreinte par la plantation d’arbres principalement à Madagascar.

Ce troisième volet est la sensibilisation de la population malgache à la protection de son environnement et principalement la lutte à tous niveaux contre les brûlis de forêts.

Cette sensibilisation, nous la menons d’abord dans les villages puisque nous conditionnons notre action de reboisement à l’acceptation par les villageois et leurs autorités via une loi communale (Dina) d’un plan devant mener à terme à la suppression des brûlis. Nous encourageons par ailleurs les malgaches à remplacer le brûlis systématique de leurs terres par la plantation d’arbres de rente (Cacao, Café, Poivrier, Ravintsara, Arbres fruitiers, Girofliers, ...) qui leurs donneront davantage de revenus que le produits du « Tavi » (culture sur brûlis).

Enfants à Ambalabe (Région SAVA)

Nous la menons dans les écoles où nos responsables se rendent pour parler aux enfants malgaches des effets du réchauffement climatique sur leur pays et de la nécessité de protéger les dernières ressources naturelles du pays.

Nous la menons aussi au plus niveau du pouvoir malgache avec des contacts avec les chefs de Région, les Ministres de l’Environnement (qui se succèdent malheureusement à un rythme rendant inefficace toute action sur le terrain), l’ancien premier Ministre, l’actuel Président fraichement élu qui a fait campagne pour une meilleure protection de l’environnement, la Présidente du parti vert malgache, Saraha Georget, qui a récolté 5% des suffrages aux élections présidentielles (première femme).

Mis à part les quelques projets que nous avons pu initier avec l’aide de Saraha Georget, tous ces contacts avec le monde politique malgache se révèlent extrêmement décevants. Dans un pays où la survie d’une population pauvre et délaissée dépend exclusivement des ressources naturelles provenant de la mer et des forêts, l’énorme désintérêt du monde politique pour les problèmes liés à l’environnement touche à la non-assistance à population en danger.

Un exemple parlant vous édifiera: nous étions à la capitale Antananarive le 28 août dernier lors de l’invasion des criquets sur la capitale. Nous avons des images extraordinaires que nous réservons à un reportage télévisé que Dominique Christoffel qui m’accompagnait prépare sur les actions de Graine de Vie. Cette invasion de criquets dans la capitale (soit au centre du pays dans les hauts plateaux) a le même sens symbolique pour les malgaches que l’arrivée d’une meute de loup dans la Forêt de Soignes ou une invasion de moustiques porteurs de la malaria à Paris. Tous les Ministres responsables prétendent depuis 20 ans que le problème des criquets est sous contrôle. Des sommes folles ont été confiées à l’Etat Malgache par la communauté internationale pour éradiquer ce fléau qui détruit toutes les récoltes dans le sud du pays. Personne ne peut dire aujourd’hui à quoi ont vraiment servi ces versements importants.

Mais si le climat politique a tendance à nous mener au découragement, la sensibilisation sur le terrain dans les villages malgaches est très positive car partout où nous sommes actifs, les brûlis diminuent fortement et nos plantations permettent à la nature de reprendre sa place.

Un exemple parmi d’autres: l’île de Nosy Be est la vitrine touristique de Madagascar. Nos contacts avec le chef de district (sorte de Gouverneur de l’île) sont excellents. Nous avons organisé avec lui une opération « NOSY-BE ILE VERTE ». En contrepartie d’une campagne de sensibilisation à la radio et de l’intervention des gendarmes pour stopper les gens qui procèdent illégalement à des brûlis, nous installons au centre de l’île une pépinière qui produira chaque année 100.000 arbres à destination de la population. Et cela fonctionne puisque nos agents sur le terrain nous indiquent que cette année les feux de brousse ont diminué de plus de 70 % !

Autre exemple dans la région d’Andape, la commune de Beleoko-Loko ne pouvait se résoudre à stopper les brûlis car cette commune n’est composée que de collines escarpées, sans aucun terrain plane pour faire pousser du riz.

Nous avons alors développé sur place un programme d’apprentissage à la culture du riz via la construction de rizières en terrasse.

Ce programme prévoit des rizières sur un tiers des collines, les deux autres tiers étant réservés à la plantation d’arbres primaires et d’arbres de rente. Notre Directeur adjoint, Fabrice, consacre deux semaines par mois à ce programme.

QUELQUES CHIFFRES

Nous avons créé et gérons actuellement 48 projets à Madagascar dans cinq régions (sur les 17 que compte l’île); nous payons et assurons un travail à plus de 300 personnes; nous sensibilisons chaque année des milliers de personnes qui interviennent pour planter les arbres sortis de nos pépinières. Nous avons 32 pépinières qui produiront cette saison 2014-2015 un million trois cent mille arbres (voir rapport en annexe). Nous en avons déjà planté environ 2.100.000.

Certains de ces arbres dépassent aujourd'hui les deux mètres.

Nous sommes présents dans plus de 25 communes malgaches sur les 1.200 que comptent le pays; C’est peu, mais quand-même un quarante-huitième des communes d’un pays près de vingt fois plus grand que la Belgique. Dans la seule région SAVA, où nous avons débuté notre action, nous sommes présents dans plus d’un quart des communes.

Nous avons un Directeur Général (Gérard Poncet), un Directeur Adjoint (Fabrice), un chef pépiniériste (Tator), quatre chefs d’antenne (Voara à Tana, Léonel à Nosy-Be, Abel à Diego Suarez et le regretté Dimby à Fort-Dauphin que nous cherchons à remplacer), une quarantaine de pépiniéristes.

ACTIONS EN BELGIQUE ET AU LUXEMBOURG

Pour financer et mener à bien autant de projets nous avons besoin sans cesse de moyens supplémentaires.

Nous constatons cependant que malgré tous nos efforts, nous avons des difficultés à boucler nos budgets.

Pourtant, nous sommes bombardés de nouvelles demandes d’intervention à Madagascar.

Avec des fonds supplémentaires nous pourrions faire encore bien davantage et répondre ainsi à toutes ces sollicitations.

Bien-sûr nous pouvons compter sur quelques fidèles sponsors que je remercie ici pour leur confiance.

Bien-sûr nous avons récemment bouclé plusieurs projets très intéressants pour la suite, voici les plus importants:

A)- UNE FORET COMME MA COMMUNE:

Lors de notre dernière assemblée générale, nous avons fait connaissance avec Laurence qui nous avait contacté via notre site Facebook; en quelques mois, Laurence est parvenue à convaincre plusieurs de ses connaissances de participer à notre action « Une forêt pour ma vie » , mais surtout elle nous a permis de rencontrer les autorités de la commune de Braine l’Alleud avec qui nous avons signé un accord pour la plantation à Madagascar en dix années d’une forêt de 600.000 arbres d’une superficie identique à celle de toute la commune soit 5.200 hectares.

Ce projet est très aisément transposable à toutes les communes.

Nous l’avons d’ailleurs déjà soumis à d’autres communes (voir dossier en annexe).

Si vous connaissez des mandataires communaux motivés, contactez-nous.

B)- JOIN

Avec nos amis de Graine de Vie Luxembourg, nous avons conclu avec la société de Télécom JOIN, qui se développe au Grand-Duché du Luxembourg et s’apprête à conquérir le marché Belge, Hollandais et Allemand, un accord de coopération grâce auquel nous avons pu entamer un nouveau programme de reboisement dans le sud-est de Madagascar à proximité de Fort-Dauphin.

C)- LE FESTIVAL DE RONQUIERES

La Belgique détient le record mondial du nombre de festival de musique par tête d’habitant. C’est génial mais l’organisation et le déplacement de foules a un impact trop important pour notre planète pour que nous restions sans réaction. Prenez le seul festival Tomorrowland à Anvers: 300.000 personnes dont la moitié viennent de l’étranger...

Ronquières Festival

Nous avons dès lors rencontré les organisateurs du festival de Ronquières grâce à Vincent et Fred qui ont établi le bilan carbone du festival et fixé avec les organisateurs le nombre d’arbres à planter pour rendre ce festival totalement neutre pour la planète. Par ailleurs, nous avons mené une sensibilisation et une enquête auprès des festivaliers qui se sont montrés à 98,8 % extrêmement favorable à cette action malgré le fait que c’est eux qui en supportent le coût principal.

Les organisateurs ont été tellement séduits par l’idée qu’ils ont décidé de rétroagir pour les deux premières années du festival.

Sur base de ce succès et grâce à l’expérience engrangée, nous pouvons maintenant proposer la même action à tous les organisateurs de festival, alors si vous avez des contacts, prévenez-nous.

QUELQUES REVERS ET MAUVAISES NOUVELLES

1)- DIMBY NOUS A QUITTE.

Lundi passé un mail m’annonçait le décès, suite à un accident de moto, de Dimby, notre tout nouveau chef d’antenne à Fort-Dauphin qui venait tout juste de passer un stage de deux mois avec notre Directeur Gérard; Dimby était musicien et environnementaliste; il militait au sein d’une association de jeunes pour la protection des forêts. Nous fondions beaucoup d’espoir en lui.

2)- AIR MADAGASCAR

Je dois être le meilleur client étranger d’Air Madagascar puisque depuis 2009 j’ai du effectuer avec cette compagnies plus de 70 vols sans bénéficier d’aucune réduction ni avantage d’aucune sorte.

Un jour que je m’embêtais dans un de leur avion, je me suis mis à lire le magazine de la compagnie où une page entière est consacrée au fait qu’AIR MADAGASCAR s’engage pour la planète. En voilà une nouvelle, me suis-je dit, partagé par la joie d’une telle annonce et la circonspection quand on connaît l’intérêt malgache pour les forêts.

Je me suis donc rendu au siège de la compagnie, où le premier ministre m’avait obtenu un rendez-vous avec le Directeur Général, pour interroger celui-ci sur son engagement pour la planète. Cet échange fut constructif puisque nous avons convenu une « première » opération pour la planète ensemble via la création d’une pépinière dans cinquante écoles de la capitale.

Malheureusement, une semaine seulement après la signature de cet accord, le Directeur Général démissionnait avec notre accord sous le bras.

Il nous faudra patienter le temps nécessaire à la compagnie de nommer un nouveau Directeur en espérant que celui-ci soit aussi coopérant que l’ancien.

3)- LES DIABLES ROUGES PASSENT AU VERT

Notre première motivation étant la sensibilisation, nous ne pouvions pas laisser passer le déplacement des Diables Rouges et de leurs supporters au Brésil sans tenter de mener auprès de la jeunesse du pays une belle opération de communication sur l’empreinte écologique.

Nous avons dès lors proposé à l’Union Belge de planter des arbres pour compenser ces déplacements; le coût était de six euros par personne (sur un voyage qui coutait plus de 3.000 euros par supporter). L’idée était d’officiellement faire prendre en charge ce coût par les Diables (1.000 euros par joueur) alors que les sponsors auraient fait ce petit effort (après coup mais trop tard, deux sponsors des diables ont marqué leur intérêt pour le faire).

Les dirigeants de l’Union Belge, malgré des rencontres avec le Secrétaire Général Steven Martens, avec le vice-Président David Delferrière et des contacts pris avec Alain Courtois, Philippe Collin et le Responsable marketing Benjamin Goeders, n’ont pas donné suite à notre démarche.

Nous tenterons de nouveau notre chance pour la prochaine campagne des diables.

PETIT MOT POUR LA FIN

Je me rends compte que ce rapport est plus long que les précédents, mais vous savez que je m’emporte bien vite quand il s’agit de Graine de Vie.

Pourtant j’ai encore tant de choses à vous dire.

Vous dire que nous avons été choisi par un Organisme Public français (CVT) pour développer un brevet d’un chercheur français augmentant le taux de croissance des arbres en milieu difficile.

Vous dire que nos pépiniéristes testent actuellement une toute nouvelle technique qu’ils ont mis au point et qui pourrait nous permettre de planter certaines variétés de graines directement dans le sol sans passer par un empotage en pépinière.

Vous dire que nous multiplions les contacts avec la France pour tenter de créer Graine de Vie France, étape indispensable au développement exponentiel de nos projets à Madagascar (ancienne colonie française).

Vous dire que je travaille avec Mickaël qui a créé les premiers logos en 2009 sur un nouveau logo pour notre communication à l’étranger. Les malgaches ne comprennent pas facilement le concept de « Compensons notre empreinte écologique »; par contre le concept « TIME TO PLANT » les touche bien davantage.

Vous dire que nous avons deux véhicules 4x4 à Madagascar pour nos 48 projets et que le kilométrage de ces véhicules dépasse de loin de nombre d’arbres plantés à ce jour. Nous devrons à terme trouver une solution pour que nos meilleurs responsables ne passent pas un temps trop précieux dans des garages au lieu d’être sur le terrain.

Notre Directeur, Gérard Poncet et l’un de nos 4 x 4

Vous remercier enfin pour l’intérêt que vous portez à notre ONG, et plus particulièrement Fred qui ne compte pas ses heures pour aider notre cause.

Merci à tous les autres pour leurs actions, contacts, travail bénévole. Graine de Vie ne serait rien sans cette aide indispensable.

N’oubliez pas de parler de ce que nous faisons autour de vous; soyez des relais auprès de vos proches et connaissances; soyez fiers de soutenir notre action. Nous avons besoin de plus de reconnaissance et de plus de moyens, c’est la seule équation pour faire face à toutes les demandes d’intervention qui nous sont proposées.

Au plaisir de vous lire ou de vous entendre.

Frédéric Debouche

Retour à la liste des news